Note d’un_geek: Il est possible qu’il reste des fautes, mais je n’ai pas énormément, de temps, si c’est le cas j’en suis désolé. Le billet est d’Athos mais je l’ai relu car la communication Inde/Montpellier est parfois difficile.
Les singes ne sont pas faits pour voler, donc, sinon ils auraient des ailes. Stupide détail technique que mes cousins humains se sont chargés de corriger. Moyennant quoi, le singe a volé à nouveau et tout compte fait il ne s’en sort pas trop mal. En tout cas j’ai fait bon voyage, sans retard ni ennui de bagage. Un voyage sans détour. Ni une ni deux. Assez peu à dire sur le voyage en avion jusqu’à Koweït city, l’Europe faisant la moue sous sa couette nuageuse. Quelques jolies vues des Balkans, mais survol du Bosphore désolant (aussi voilé que ma voisine de siège, mais sans khôl…), puis de -sympathiques- vues des déserts, de Damas jusqu’à l’Arabie saoudite. Au temps pour la variété. Le plan de vol, vous vous en doutiez, évite soigneusement l’espace aérien Irakien.
Quant à la descente sur Koweït city, sommet de la déception, tout bêtement en raison de l’heure. Nuit noire à 17h45 heure locale. L’Aéroport de Koweït est une curiosité, comptant très peu de portes d’embarquement, sa zone voyageurs doit représenter à peu près le quart de sa zone commerciale duty free. Et au centre des terminaux d’embarquement trône un Mac Donald’s… dont les menus sont affichés en français avec des vignettes vintage façon Paris des années folles. Je me demande bien pourquoi l’anglo saxon n’a pas beaucoup la cote dans les environs tiens… Quant au personnel de l’aéroport, les commerçants sont tous asiatiques, le staff technique et de service, indien.
Enfin ! Bon nombre de français dans l’avion, et, stigmate, ce sont les premiers à se ruer aux minuscules cabines-fumoirs du terminal dès l’atterrissage. La dessus, forcément, ça tchatche. Pensez donc, être comprimés dans une cabine de 10 mètres carrés instantanément changée en chambre à gaz, dans laquelle une minorité linguistique suffoque. Bah ça crée des liens quoi. Bref, même si on ne papote pas trop pendant la clope, on se rattrape ensuite. Et c’est à ce moment que je note le peu de français qui poursuivent jusqu’à Mumbai. En fait, nous devons être à peu près trois ou quatre à tout casser. Les autres repartent pour la Thaïlande.
Un type se met à tousser comme un tuberculeux en phase terminale à la sortie de la cabine-fumoir : s’ensuit une dispersion générale des froggies dans le terminal. Voila ce qui arrive quand on sur-informe le français grégaire sur un virus à la mode; à la moindre toux, c’est le chauve-qui-peut. Je suis donc resté à côté du p’tit bonhomme tousseur pour tchatcher : un Gujarati travaillant à Paris et qui prenait environ trois semaines pour voir sa famille à Dandi. Discussion également avec une demoiselle nommée Vanina, masseuse professionnelle, s’en allant faire une formation yoga et ayurveda au Kerala, où il est probable qu’on se recroise.
22h45. Décollage aussi dépourvu d’intérêt que l’atterrissage. La ville de nuit, avec son plan en carré à l’américaine, donne une drôle d’idée d’un échiquier lumineux au centre d’une multitude de cuves de stockage de pétrole éparpillées dans le désert environnant. Cuves entourées de mirador et très, très éclairées. Espérant un(e) voisin(e) avec qui tchatcher j’en suis pour ma frustration : coincé entre deux tentes ambulantes : la même nana en Niqab noir brodé de doré qu’à Paris (enfin je crois, à en juger par les dessins au henné sur les doigts…) et de l’autre côté la version grillagée. Bizarre, pas vraiment du coin ça. Bref, pas vraiment le profil à tchatcher avec le froggy de service. Même lorsqu’elles cherchentàa regarder par le hublot, elles évitent très soigneusement tout croisement de regard. Sinistrose que j’agrémente de fantaisie saugrenue. J’en viens même à les baptiser Burqette et Niqabelle et imaginer leurs aventures -politiquement incorrectes- dans une nation barbare de l’extrême occident. Là dessus je pique un roupillon.
Je suis réveillé par le commandant de bord annonçant la descente sur Mumbai. J’ai l’impression de mieux comprendre l’arabe que son anglais, mais je saisis sans mal « Mumbai » dans la logorrhée. Il est presque 5h du matin et le soleil n’est pas levé. Là, c’est la grande gifle. Par dessus l’aile de l’avion la ville se répand, gigantesque. Trois, peut-être quatre fois Paris en surface. Bombay, c’est environ 15 millions d’habitants. L’Ile de France toute entière, Paris comprise doit faire près de 10 millions, à titre de comparaison. Le second choc vient des lumières de la ville. Elles semblent épaisses, liquides, dégoulinantes paresseusement le long de grandes artères serpentine enroulées sur les collines de la ville.
Nous survolons maintenant le nord de la ville et les lumières des slums, des bidonvilles, apparaissent par petites touches. Comme si on avait saupoudré les environs de luminaires inégaux, jaunes blancs ou oranges, parfois bleus, pour éclairer ici un mur, là une venelle.
On pourrait croire à un buisson piquette de lucioles. L’air semble plus lourd et plus épais à chaque mètre de descente, et la lumière semble d’autant plus coller physiquement aux luminaires. Impression surréaliste de lumière gluante.
Enfin des quelques 300m d’altitude, une odeur puissante envahit la cabine. Une odeur musquée et épicée, chaude et organique, mais avec un je-ne-sais-quoi de « goudronneux ». J’essaie de synthétiser mentalement… une odeur comme couler du goudron chaud sur du vieux cuir, mais avec une pointe de cannelle. Indescriptible en fait. L’odeur de l’Inde… Oh il y en aura d’autres, je n’en doute pas, mais celle-ci est gravée. Enfin l’avion descend sur la piste, frôlant les toits des slums collés aux grillages de l’aéroport.
Le débarquement se fait tranquillement, récupération des bagages et bureau de change puis je file avec Vanina vers le parvis pour une cigarette sans hâte. Atmosphère surréaliste sur le parvis. Chaleur moite et étouffante, plus… enveloppante et brûlante encore qu’en Polynésie. Même odeur surpuissante mais pas désagréable d’épices et d’asphalte surchauffés. Sous de grandes voilures blanches tendues entre des mats, des lumières de toutes les couleurs clignotent, les toiles rutilent en réverbérant ces couleurs très… high-tech ; des stands ultra modernes rutilent et flamboient des feux fous de néons empilés.
OMG, #RajKooshthrappaliPartout
Foule. Le parvis est encombré de personnes qui regardent l’aéroport vomir son flot de passagers. Quantités dorment à même le sol ou sur les rebords des grands bacs à plantes. Certains d’entre eux sont assis en tailleur ça ou là et observent avec concentration, presque application les voyageurs. Ils contemplent. Cette inactivité semble pourtant aussi frénétique que l’agitation des Rickshaws un peu plus loin.
Cigarette fumée, Vanina veut visiter un peu de Mumbai. Il n’est pas six heures et l’aube incertaine paresse encore dans les draps de la nuit. Je dodeline de la tête, trop peu dormi durant le temps de vol, et aucune envie de replonger la tête dans une fourmilière. J’ai, qui plus est, ma correspondance à midi pour Goa. Je décline donc. Vanina book un taxi pour le centre de Bombay ; échange de nos adresses email respectives et Zou. J’essaie de re-rentrer dans l’aéroport, impossible. J’explique au garde armé dans sa guérite que je souhaite aller prendre la navette pour l’aéroport des vols domestiques mais ne veut rien entendre. Un chauffeur de rickshaw m’aborde assez cavalièrement, je commence par me méfier un peu, il semblait bien a l’écart de tous les autres. Il me propose le trajet pour 250 rupees. Je tente de marchander 150 rupees. Si jamais c’est un escroc il se fichera pas mal que je tire les prix vraiment à la baisse. Il me regarde avec un air éberlué et me dit o.k. pour 220 mais il ne descendra pas d’une autre Rupee, qu’il est déjà moins cher que n’importe quel prepaid taxi, ce que je sais être vrai après avoir accompagné Vanina à la Booking Cabin.
Je grimpe donc dans le rickshaw. L’aube se lève à présent sur Bombay. Grande, grande gifle : la traversée des slums à fond la caisse en rickshaw. Les bidonvilles enserrent les deux Aéroports distants de presque 5 kilomètres, et régulièrement la police assistent les agents de voirie pour dégager des habitations de fortune qui viennent empiéter sur les chaussées ! La circulation est chaotique et cacophonique au possible. Respect des feux rouges totalement optionnel, le Klaxon est un langage à part entière. Sur les côtés de la route des gens dorment alignés à même la poussière du sol, parfois aux pieds de containers débordants de détritus. Containers au point d’être ensevelis sous plus de cinq fois leur propre contenance. Les corneilles abondent. Avec les vaches, ce sont les éboueurs du pays, me dit le chauffeur. A vue de nez (impossible de décrire la puanteur des bidonvilles) cette équipe de choc est totalement débordée, elle aussi.
Bavardage cordial avec le chauffeur, je lui confie mes doutes au départ, il rigole et me donne une ficelle : le dress code. La tenue marron signifie chauffeur professionnel et agrée. Me semble un peu fumeux mais bon, tant que j’arrive à bon port, je ne vais pas chouiner s’il m’enfle de 30 rupees (pour rappel 1 euro = 65 a 70 Rps. Bref 10 Rupees valent… un de nos anciens francs ! Conversion facile pour les schnocks « Old School » dans mon genre). Et puis bon, le couillonnage d’occidental en goguette, c’est un sport international. Nos propres taxis vous en diront long sur leurs victimes américaines…
Bref, j’arrive enfin à l’aéroport de Santa Cruz (domestic airport). Pour ceux que cette consonance étonne, Bombay était la transcription anglaise du portugais « Bom Bahia », « bonne baie ». Rien à voir avec Mumbai en revanche qui est un nom tiré de l’Hindi ou de l’Ourdou, j’irais à la pêche à l’info plus tard !
Rien de bien intéressant à en raconter si ce n’est que l’aéroport domestique est bien plus richement décoré dans un genre ultramoderne que l’international, et que ça détonne au milieu des bidonvilles. D’ailleurs l’entrée du site est gardée par deux militaires dans des cabines à mitrailleuses montées sur pieds, et deux autres armes de fusils d’assaut à l’entrée même vérifient toute réservation avant de laisser pénétrer qui que ce soit. Mesures de sécurité impressionnantes liées aux précédents attentats dans divers hôtels de luxe, sans aucun doute.
Je somnole donc, puis embarque à midi pour Goa… espérant m’y doucher et y dormir au plus vite. Le singe en à marre de voler et veut retrouver des cocotiers côtiers !
Vous l’aurez deviné, prochain billet : Goenshin !



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J’attends la suite avec impatience. Merci de partager ton periple avec autant de details et de cette facon moins touristique que ce qu’on lit d’habitude…